Sous l'œil du Prince !

  Dans cette page sans prétention, je signalerai uniquement les spectacles vivants auxquels j'ai  assisté et que j'ai vraiment appéciés. Pas de jugement de valeur. Pas de critique. Mais... des de 1 à 5 !
                                                                                                           Jef

SAISON CULTURELLE 2017-2018

     Samedi 14 octobre 2017, 21 heures, La Penac, MARCIAC (32), Manu GALURE, ►►►
    Samedi 21 octobre 2017, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65), Naïssal Jalal,   ►►►

    Dimanche 3 décembre 2017, 17 heures, Le Parvis, IBOS (65), Orchestre National de Bordeaux ►►►

    Jeudi 21 décembre 2017, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65), Gisela Joao,   ►►►
Manu Galure ☺☺☺☺

http://www.ladepeche.fr/article/2017/10/11/2662990-manu-galure-ce-chanteur-marcheur.html

Manu galure

https://youtu.be/kfXGetGbUDA?t=2

Naïssal Jalal ☺☺☺☺
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    Naïssam Jalal est une « lady flûte on the groove », révolutionnant les frontières du jazz en inventant une musique à son image : métissée et combative, évoquant tour à tour le bebop nomade de Don Cherry et le jazz mystique obsessionnel de John Coltrane… 
   Depuis le fond des âges, la flûte évoque le souffle et la vie, de la flûte de Pan au Shakuhachi japonais, et c’est pour parts égales l’instrument de la danse et celui de la plainte. Mais, à de rares exceptions près, la flûte est peu utilisée dans le jazz, ne présentant pas les mêmes qualités de puissance que la trompette ou le saxophone. Aussi, lorsqu’un flûtiste s’impose dans cet univers très codifié, c’est souvent le fruit d’une singularité et d’une forme de résistance. Parisienne née de parents syriens, Naïssam Jalal avait tout de ce profil singulier qui permet la synthèse de plusieurs influences culturelles. Flûtiste de formation classique passée par un enseignement en conservatoire, elle découvre l’improvisation comme une libération, un outil pour dialoguer avec toutes les musiques. Elle part à la recherche de ses racines orientales, s’initie au nay (flûte orientale) au Grand Institut Arabe de Damas, puis étudie au Caire auprès du maître violoniste Abdo Dagher. Cette démarche va considérablement élargir son vocabulaire et lui permettre de vivre des aventures musicales multiples, du jazz contemporain au rap, en passant par le tango ou l’afrobeat. En 2011, elle fonde le très cosmopolite ensemble Rhythms of Resistance avec quatre autres musiciens talentueux.
   Une formation dont la multiplicité d’apports et d’influx conjugue passionnément les influences et les registres, et séduit rapidement le public. Le sens du rythme, la plénitude de l’élan et des improvisations où se retissent les liens entre jazz, musique européenne et musique orientale, sont l’occasion d’autant de traversées du miroir entre les champs esthétiques. Ces « Rhythms of Resistance » nous rappellent qu’en dehors de tout logo ou slogan, résister est une idée éternellement neuve, salubre et salutaire, qui refuse les formatages du sensible.

La fonction « réserver en ligne » n’est pas encore disponible pour votre cinéma. N’hésitez pas à contacter une des personnes ressources de notre réseau si vous souhaitez plus d’informations sur un film ou sur une séance.

  • Le Parvis
    Centre Méridien Ibos - 05 62 90 08 55
  • Argelès-Gazost
    Cinéma Le Casino - 05 62 97 53 00
  • Arrens-Marsous
    Maison Val d'Azun - 05 62 97 49 49
  • Bagnères-de-Bigorre
    Cinéma Le Maintenon - 05 62 91 12 00
  • Barèges
    Cinéma Le Refuge - 05 62 92 66 82
  • Cauterets
    Cinéma Le Casino - 05 62 92 05 26
  • Cizos
    Cinéma Le Magnoac - 05 62 39 86 61
  • Gourette
    Cinéma - 05 59 05 32 69
  • Laruns
    Cinéma Louis Jouvet - 05 59 05 41 39
  • Loudenvielle
    Cinéma L'Arixo - 05 62 99 95 94
  • Lourdes
    Cinéma Le Palais - 05 62 42 37 69
  • Saint-Laurent-de-Neste
    La Maison du Savoir - 05 62 39 78 78
 
Orchestre national de Bordeaux ☺☺☺☺
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Debussy, Meïmoun, Stravinski et Smetana

    Des flots de la Moldau aux Nuages au-dessus de la Seine, le directeur musical Paul Daniel et l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine invitent le public à un voyage majestueux dans quelques-unes des pages les plus exaltantes de la musique symphonique européenne de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. L’occasion également de rendre hommage à Claude Debussy, dont on commémore, en 2018, le centenaire de la disparition…

    L’idée d’une musique capable de décrire une image, une scène, un récit, a toujours existé mais elle s’est renforcée dans cette période charnière qui connut à la fois la fin du Romantisme et le début de l’ère dite « moderne ». La grande fresque musicale de Smetana, Ma Patrie – dont la deuxième partie, La Moldau, est certainement la page la plus célèbre – est à cet égard un exemple représentatif des techniques mises en œuvre pour frapper l’imagination des auditeurs. En mettant cette œuvre en miroir avec la musique de Debussy, le directeur musical de l’Orchestre Paul Daniel installe le grand compositeur français dans le double rôle de l’héritier et du rénovateur des grands symphonistes. Procédant par touches, davantage comme un peintre que comme un poète, Debussy plonge son auditoire, avec ses Nocturnes, dans une ambiance crépusculaire évocatrice et sensible, prouvant sa grande habileté à accorder et lier entre eux les différents tons et timbres de l’orchestre.

    Debussy n’a jamais voulu faire école, mais nombreux sont les compositeurs qui, tout au long du XXe siècle, ont reconnu son héritage, de Boulez à Dutilleux, et jusqu’au jeune compositeur François Meïmoun, auquel l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine a passé commande d’une œuvre nouvelle qui s’inscrit à son tour dans cette descendance. La contemporanéité n’est pas l’ennemie de la tradition ! Voilà une création qui devrait, une fois encore, le prouver…

Gisela JOÃN ☺☺☺☺

    Pour tout artiste qui s’y aventure, le fado est un territoire dangereux. La grande Amalia Rodrigues en a établi les canons définitifs, lui a offert une renommée mondiale et bon nombre de chanteurs portugais se sont emparés de son héritage, se forgeant grâce à cette valeur sûre une popularité solide. Conséquence : le fado a pu quelquefois s’enkyster, et il a pris aux yeux des jeunes générations l’allure d’une musique pour touristes.

   Clrwybguyaaybb1 Le voilà enfin secoué par la fougue et la fraîcheur d’une jeune chanteuse originaire de Barcelos, dans le nord du Portugal, qui en quelques années a conquis les « casas de fado » de Porto à Lisbonne. Gisela João n’a pas seulement tenté d’ébranler les colonnes du temple, elle s’est emparée du fado et l’a magnifié, a concilié l’authenticité, la pureté originelle du fado à la contemporanéité d’une musique urbaine, sans détours ni artifices. D’abord grâce à une voix à nulle autre pareille, mélange de graves veloutés inhabituels pour le genre et d’une souplesse exceptionnelle dans le timbre. Ensuite avec une force d’expression proprement époustouflante, un chant viscéral, impérieux, qui lui a permis, en un seul album, de passer de l’anonymat des clubs de Lisbonne au statut de nouvelle reine du fado au Portugal. Après un deuxième enregistrement sobrement intitulé Nua (Nue), elle écrit un nouveau chapitre de sa carrière qui pourrait bien l’imposer comme l’une des artistes portugaises majeures du XXIe siècle. À l’écouter, l’auditeur est emporté par son souffle mélancolique, car le fado ne chante ni la nostalgie ni la tristesse, seulement l’errance de l’âme et le souffle de la vie à jamais liés.

 SAISON CULTURELLE 2016-2017

     Jeudi 22 septembre 2016, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65) : Chanson Française « Pouvoirs », Bernard LAVILLIERS ►►►
    Vendredi 14 octobre 2016, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65) : Théâtre « Late night », Blitz Theatre Group ►►►
    Jeudi 10 novembre 2016, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65) : Danse Hip Hop « Les faux semblants »,  Bouziane Bouteldja, Cie DANS6T ►►►
    Jeudi 17 novembre 2016, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65) : Théâtre         « Battlefield »,  Marie-Hélène Estienne, Peter Brook ►►►
    Dimanche 20 novembre 2016, 17 heures, Le Parvis, Collégiale d'IBOS (65) : Choeur « Les éléments »,  Joël Suhubiette ►►►
   Jeudi 8 décembre 2016, 120 heures 30, Le Parvis, IBOS (65) : Théâtre         « Espæce »,  pièce d'Aurélien Bory ►►►
   Jeudi 22 décembre 2016, 20 heures 30, Le Parvis, IBOS (65) :
Danse « Maguy Marin, Kader Belarbi », ballet du Capitole de Toulouse. ►►►
    Samedi 4 février 2017, 20 heures 30, Le Parvis, Théâtres des Nouveautés, Tarbes, « La femme rompue » de Simone de Beauvoir, avec Josiane Balasko ►►►
   Dimanche 27 mars 2017, 18 heures, Le Parvis, Ibos, Orchestre National du Capitole de Toulouse, Shubert, Mozart, direction et piano, Christian Zacharias ►►►
   Vendredi 21 avril, 20 heures 30, Le Parvis, Ibos, Mnozil Brass Band ►►►
   Samedi 22 avril, 20 heures 30, Le Parvis, Ibos, Yannick Jaulin ►►►
Pouvoirs ☺☺☺☺

Bernard Lavilliers

Pouvoirs

jeudi 22 septembre 2016 à 20h30

     Pouvoirs, l’album-concept de Bernard Lavilliers sorti en 1979, ce sont des textes intenses, impliqués, engagés, que le chanteur reprend aujourd’hui sur scène dans un tout nouveau spectacle, créé aux Francofolies de La Rochelle, pour quelques dates en France… dont une au Parvis ! Un rendez-vous exceptionnel – Lavilliers n’a plus foulé le plateau du Parvis depuis 1983 – pour lequel les Frères de la Côte et les Sœurs de la Zone viendront se frotter aux Troisièmes Couteaux pour une balade en Noir et Blanc. Il y aura aussi d’autres chansons politiques et relatives aux pouvoirs, tous les pouvoirs, dont les textes, pour certains, font désormais partie de la mémoire collective, comme Big Brother, Les mains d’or, L’exilé, La grande Marée… Des mots forts, puissants, vibrants, comme des cris d’alarme qui tiennent nos consciences en alerte.

     La peur c'est le corbeau penché sur le devoir / C'est du papier monnaie contre du désespoir / C'est de la dérision face à la misère noire / C'est depuis le début le chantage du Pouvoir.

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     C’était en 1979 et Bernard Lavilliers sortait alors un album surprenant, enchaînant plusieurs chansons dans un seul flot de près de vingt minutes. Près de quarante ans plus tard, le chanteur trouve dans l’actualité une résonnance inattendue à ces textes brûlants. « Je trouve que c’est le moment ou jamais de chanter ce morceau (La peur, ndlr). On est en plein désarroi, à tous les niveaux » dit-il, citant immédiatement après les peurs actuelles, « le terrorisme, le chômage ou la peur politique sournoise avec la fin des idéaux. »       
     Certes, après la sortie de l’album en 1979, Lavilliers remplit cinq jours durant l’hippodrome de Pantin, mais de son propre aveu, Pouvoirs est un album qu’il a peu chanté sur scène. « J’avais envie de remettre les pendules à l’heure » assure Lavilliers. Nul doute que le moment est choisi !

Late night ☺☺☺☺☺

Late night

blitz theatre group

vendredi 14 octobre 2016 à 20h30

 

     Late night est un spectacle de l’après, du temps futur, un véritable récit d’anticipation… Se refusant à toute visée idéologique, il s’inscrit au plus près d’une modernité inquiète, sans repère, dans la conscience d’une vie absurde et joyeuse en même temps.

     Late night ou l’interminable nuit blanche que trois hommes et trois femmes vont traverser ensemble. Ici on danse, on chante en playback, on discute et on boit. Et l’on parle. Du temps d’avant, du temps heureux où la guerre n’avait pas encore tout ravagé, creusant son sillon de tristesse et de désolation. Dans cette salle au décor suranné, tous se souviennent de leur passé, de leur voyage à travers l’Europe, de leurs amours perdues, des prémices de cette guerre qui a éclaté à une époque inconnue… En commençant invariablement par un mélancolique « Ces jours-là », leurs souvenirs se réactivent, se ressassent et se livrent, non pas pour composer une fresque de la catastrophe, encore moins pour créer des refuges de bonheur en invoquant l’époque enchantée de la paix, mais pour permettre, simplement, à la vie de se poursuivre.
Personnages pris dans le ressac de l’histoire, qui tentent de se distraire en imaginant de petits tours de magie ou d’autres petits divertissements, un peu comme d’autres se racontent des histoires drôles. Sauf qu’en ces temps où l’on ne croit plus à rien, les amusements sont comme les espoirs, ratatinés, nuls, tristes. Alors on danse. La dernière danse d’une société rongée, gangrénée par une crise financière. En quête de sens.
    
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     « Pendant les jours d’émeutes, de rage et de pillage, nous avons eu le sentiment que quelque chose pouvait changer », explique le metteur en scène grec Christos Passalis.

     Basé à Athènes, le blitz theatre group engendre, depuis son premier « spectacle » en 2006, des créations puissantes, présentées en Grèce comme sur la majeure partie des grandes scènes européennes. Il est indubitablement l’un des collectifs d’acteurs les plus novateurs de la scène athénienne.

Les faux semblants  ☺☺☺☺

Les faux semblants

Bouziane Bouteldja

jeudi 10 novembre 2016 à 20h30

 

    L’importance d’être soi. Voilà le précepte qui était déjà à l’œuvre dans Altérité et Réversible, les deux premières pièces de Bouziane Bouteldja. Une conduite pourtant difficile à tenir dans une société du simulacre, où il est plus facile de se cacher derrière un masque séduisant…

     Il y a une dizaine d’années, une étape a marqué l’histoire de Bouziane Bouteldja, l’adolescent qui cherchait à trouver ses marques à Tarbes : sa découverte de la danse hip hop. Tayeb Benamara, Karim Amghar, Olé Kamchala, Kader Attou seront parmi les premiers à orienter son parcours, placé d’emblée sous le signe de la rencontre. Il fonde sa compagnie Dans6T, rapidement reliée à une école du même nom implantée à Laubadère, et aujourd’hui reconnue pour son travail dans les quartiers. 

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      Il faut dire que Bouziane Bouteldja a les pieds bien ancrés dans le réel, animé par son goût des autres et son désir d’engagement dans des problématiques sociétales. Ses pièces chorégraphiques sont à son image. Altérité exposait le droit à la différence. Réversible dénonçait les violences physiques faites aux hommes au nom de la morale et de la religion. Sa prochaine pièce, Les faux semblants, dont la première aura lieu au Parvis, s’attachera à exposer comment la société demande aux individus d’être de plus en plus flexibles et séduisants, comment chaque individu est suspendu au jugement de l’autre, surtout lorsqu’il doit négocier avec celui qui dispose d’un quelconque pouvoir, comment encore les représentations que chacun projette sur l’autre peuvent générer des stéréotypes faussant l’authenticité de la relation. Difficile alors d’assumer ce que l’on est « sans user, dit-il, de stratégies pour éviter tout conflit ». 

     Au fil de ses créations, Bouziane Bouteldja cherche à résoudre une question : comment devenir ce que l’on est sans être obligé de « jouer des rôles pour être accepté ou écouté » ? Une question qu’il a jusqu’à présent réussi à traduire dans la fluidité de sa danse et dans une écriture chorégraphique qui procède par double mouvement : symptôme de l’oppression et aspiration à l’émancipation.

Battlefield  ☺☺☺☺☺

Battlefield

Marie-Hélène Estienne / Peter Brook

du 17 au 18 novembre 2016

     En 1985, Peter Brook, qui comptait déjà comme l’un des grands noms du théâtre britannique, présentait au Festival d’Avignon une pièce d’un peu plus de neuf heures, inspirée d’un des textes fondateurs de la civilisation indienne : Le Mahabharata, soit, littéralement, La Grande Guerre des Bharatas.

     Dire que la proposition théâtrale de Brook constitua un événement relèverait de l’euphémisme… Elle fut davantage quelque chose de comparable à un séisme, qui devait faire trembler sur ses bases l’édifice babélien du théâtre international. Le triomphe rencontré par Peter Brook ne souffre d’ailleurs guère de comparaison, et l’on peinerait à trouver, dans les programmations avignonnaises suivantes, plus de deux ou trois pièces dignes de rivaliser avec cette mise en scène pharaonique. Titanesque par son ambition scénique – 25 comédiens pour un peu plus de neuf heures de jeu –, Le Mahabharata le fut aussi par l’immense travail préparatoire qu’il nécessita, plus de dix années de recherche, cinq voyages en Inde, un colossal labeur de traduction et de réécriture des quelque 13 000 pages que compte l’épopée hindoue…
    
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     Environ trente ans après cette création qui s’imposa comme le sommet de sa carrière, Peter Brook propose, avec Marie-Hélène Estienne, une mise en scène du Mahabharata plus courte, plus ramassée, plus épurée : Battlefield.       
     Traduisez par « champ de bataille », titre non sans rapport avec le texte original : Le Mahabharata est en effet le récit de hauts faits guerriers ayant pris place 2 200 ans avant notre ère, entre deux branches rivales d’une famille royale indienne. Le carnage qui en résulta fut phénoménal : près de 10 millions de morts, chiffre démesuré pour l’époque.
     Battlefield prend place immédiatement après la bataille : les survivants se trouvent confrontés à l’unique question qui vaille au lendemain d’une telle catastrophe, à savoir quelle responsabilité leur en incombe, et quelles alternatives demeurent pour reconstruire ce qui a été détruit... Question intemporelle, qui trouvera d’innombrables échos au cours des siècles qui nous séparent du Mahabharata.

Choeur les éléments  ☺☺☺☺☺

Choeur Les éléments
Abendlied - Morgenlied / Chant du soir - chant du matin
dimanche 20 novembre 2016 à 17 heures

     Joël Suhubiette sait comme personne imaginer des projets originaux pour son chœur de chambre Les éléments. Avec ces chants du soir et du matin, l’exploration du chef de chœur toulousain s’immisce entre deux des plus belles pages du Romantisme allemand, pour se prolonger ensuite dans les remuants méandres du XXe siècle…

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     Le crépuscule et l’aube, l’automne et le printemps, la mort et la vie, la nature et les passions humaines, autant de thèmes, chers aux romantiques, réunis dans ce programme, dans lequel on retrouve quelques-uns des plus beaux quartettes de Brahms, des pièces de Schumann, mais aussi des compositeurs moins connus comme Hugo Wolf ou Max Reger. Le voyage que nous propose Joël Suhubiette, présenté en 2016 à Toulouse et à la Folle Journée de Nantes, puise dans les grandes œuvres du passé pour mieux éclairer le chemin qui mène jusqu’à aujourd’hui, et la filiation entre compositeurs. Ainsi découvre-t-on comment Hindemith et Stockhausen perpétuèrent l’art - finalement très traditionnel - de la poésie mise en musique si propre au répertoire allemand…
     Ce concert est l’occasion également de retrouver Thierry Pécou, l’un des meilleurs compositeurs d’aujourd’hui, bien connu des spectateurs du Parvis depuis la Messe de l’homme armé. À l’invitation des éléments, il a choisi, pour compléter ce programme,  de mettre en musique un texte du poète autrichien Hugo von Hoffmannstahl, Cette étrange magie, qui chante la fascination du poète envers l’impossibilité du langage à nommer l’essence des choses, et que la collégiale d’Ibos fera résonner pour la toute première fois puisque la pièce y sera présentée en création mondiale.

« Extraordinaire qualité de son de pupitre qui permet à Joël Suhubiette d’obtenir des phrasés subtils avec des nuances millimétriques, comme un orfèvre travaillant avec le matériel le plus précieux et le plus ductile à la fois. (…) Du chœur a cappella, voix de femmes seules, ou mixtes, à trois, quatre voix ou plus, toutes les magnifiques capacités des éléments sont mises en lumière. »  Hubert Stoecklin, ClassiqueNews.com, fév. 2016

Espæce  ☺☺☺☺

Espæce

Une pièce d'Aurélien Bory

du 08 au 09 décembre 2016

 

     En écrivant Espèces d’espaces, Georges Perec portait un camouflet sonore à ses contemporains : vous dites vivre quelque part, mais que savez-vous exactement des espaces dans lesquels vous vivez ? L’essai visait en effet à circonscrire, en même temps qu’il espérait l’abolir, une certaine cécité ordinaire à l’endroit de l’environnement qui abrite « l’existant ».

     L’ouvrage était d’ailleurs sous-titré Journal d’un usager de l’espace ; on pourrait se demander si l’œuvre entière d’Aurélien Bory, dont de nombreux opus ont été présentés au Parvis (Géométrie de caoutchouc en 2011, Plexus en 2013, Azimut en 2014,  …) ne pourrait être augmentée de ce codicille :            «  Journal d’un usager de l’espace scénique », tant son travail est d’abord attention portée à ce qui est possible dans un espace, aux récits contenus en potentialité sur un plateau de quelque 10 mètres sur 10... Inventeur virtuose de dispositifs singuliers desquels il fait procéder des récits qui s’abreuvent, du point de vue formel, à toutes les sources vives, théâtre, cirque ou danse aussi bien, Aurélien Bory entretient plus d’une affinité avec l’écriture oulipienne, celle qui pose la contrainte (elle aussi dispositif) comme principe préalable à la création.
    
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     Espæce n’est à ce jour pas encore créé : il a déjà fait l’objet d’étapes préliminaires de travail, au Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées notamment, étapes préliminaires baptisées du nom de B(r)ouillons, répétées sur des temps très courts (une semaine chaque) et ayant fait l’objet de restitutions publiques. La création aura lieu au Festival d’Avignon cet été, et nous donnera l’occasion de vous en dire davantage, avec la presse nationale, sur cette pièce attendue de la saison 2016’17.

Ballet du Capitole de Toulouse  ☺☺☺☺☺

Maguy Marin / Kader Belarbi

Ballet du Capitole

jeudi 22 décembre 2016 à 20h30

Parvis - Ibos (65)

   Avec un programme tonique qui réunit deux chorégraphes, Maguy Marin et Kader Belarbi, le Ballet du Capitole fait peau neuve, et propose une partition dansée de facture contemporaine, nostalgique et joyeusement rythmée sur des musiques de Prokofiev et Bach. 

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   Le Ballet du Capitole revient au Parvis avec une toute nouvelle identité… Cette dernière, il la doit à la personnalité de son directeur, Kader Belarbi, danseur étoile et chorégraphe, qui en a pris les rênes depuis 2012. Lui qui a navigué entre classique et contemporain, d’abord comme danseur étoile sous l’ère Noureev au Ballet de l’Opéra de Paris, ensuite comme interprète de grands chorégraphes comme Pina Bausch, voulait un ballet en phase avec son temps. Tout en maintenant la tradition du grand répertoire classique, Kader Belarbi a depuis quatre ans remanié considérablement la grande institution toulousaine, qui réunit aujourd’hui trente-cinq danseurs de douze nationalités différentes, pour l’ouvrir à la création contemporaine. 

   Le programme de ce spectacle composé de trois pièces tente de décrypter les liens qui se nouent ou se dénouent entre les individus, notamment dans le couple. Il débute avec une chorégraphie de Kader Belarbi, Salle des pas perdus, où quatre personnages un peu décalés traînent leurs souvenirs et leurs valises sur des pièces pour piano de Sergueï Prokofiev. Puis, avec deux pièces successives, hommage est rendu à Maguy Marin, dont le parcours a débuté au Conservatoire de Toulouse, et dont Kader Belarbi a été l’un des interprètes.      

   Avec l’intemporel duo d’Eden, créé en 1986, Maguy Marin parle de l’amour originel, fusion totale de deux êtres qui deviennent un pour ne plus se défaire. Pour Groosland, créé pour le Ballet national de Hollande en 1989, elle a travaillé « au plus près de la jovialité de la partition de Bach » et de sa rigoureuse composition. Elle y dénonce notre société du paraître et démontre avec brio que la danse n’est pas tant liée à la beauté du corps qu’à une science du rythme, du mouvement et de l’espace…

La femme rompue ☺☺☺☺☺
La Femme rompue
Simone de Beauvoir / Josiane Balasko / Hélène Fillières
du 03 au 04 février 2017

    Le monologue de La Femme rompue est l’un des textes les plus sombres de Simone de Beauvoir : Monique, épouse modèle et mère de famille dévouée, se résout mal à l’écroulement de sa vie conjugale… Josiane Balasko, connue pour son grand talent comique, y gagne un très grand rôle dramatique.

    Le recueil La Femme rompue fut, à sa parution, assez mal compris par la critique. « Beaucoup de lecteurs, donnant de ce récit la même interprétation simpliste, l’ont déclaré insignifiant. La plupart des critiques ont prouvé par leurs comptes rendus qu’ils l’avaient très mal lu (…) M. Bernard Pivot s’est hâté de déclarer dans le Figaro Littéraire que (…) c’était un roman pour midinettes, un roman à l’eau de rose. L’expression a été reprise dans de nombreux articles, alors que je n’ai jamais rien écrit de plus sombre que cette histoire : toute la seconde partie n’est qu’un cri d’angoisse et l’effritement final de l’héroïne est plus lugubre qu’une mort. » Simone de Beauvoir
C’est que l’on connaissait du « Castor » des thèses plus optimistes sur le couple : prédicatrice convaincue des bienfaits de la vie à deux – pour peu que l’on ait trouvé son « double sur terre », identifiant dans le duo intellectuel et amoureux qu’elle formait avec Jean-Paul Sartre le modèle à suivre, on l’attendait peu dans le registre de la femme malheureuse en ménage… D’aucuns ont voulu y lire un aveu de l’échec de son couple, et donc de son parangon philosophique. Au point que Simone de Beauvoir dut apporter plusieurs fois son démenti : La Femme rompue était justement la parfaite démonstration, en négatif, que sa théorie fonctionnait. Monique voyait sa vie s’effriter justement du fait de l’éloignement de son mari Maurice. Hors le couple, point de salut.

    À l’origine de la « mise en théâtre » de ce grand texte de la littérature française, deux femmes : Josiane Balasko, donc, et Hélène Fillières pour la mise en scène, qui endossa jusqu’il y a deux ans le rôle de l’héroïne de la célèbre série TV Mafiosa. Une distribution de femmes de tête que n’aurait certainement pas reniée Simone de Beauvoir…

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http://www.bouffesdunord.com/fr/la-saison/la-femme-rompue

L'Orchestre National du Capitole de Toulouse
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Orchestre National du Capitole de Toulouse

Schubert / Mozart / Zacharias

 

Dimanche 26 mars 2017 à 18h

Le Parvis - Ibos

 

   Vienne, au tournant du XIXe siècle, Mozart pose les bases de nouvelles formes d’écriture qui influenceront durablement Schubert. C’est la photographie de ce moment clé de l’histoire de la musique romantique que nous propose le pianiste et chef allemand Christian Zacharias, à la tête de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. 

   Lorsque Mozart découvre les œuvres de Bach et Haendel, son écriture s’en trouve profondément transformée. En trois ans, une dizaine de concertos pour piano voient le jour, qui poseront les fondements de ce que sera ensuite le concerto romantique chez Schumann ou Brahms. Le concerto n°17 est resté comme le plus célèbre de cette période, grâce notamment à un mouvement lent d’une grande beauté…
  
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   Quelques années plus tard, le jeune Schubert peine à se faire connaître au-delà de son cercle de proches amis. Contrairement à celle de Mozart, sa musique s’écarte des constructions trop architecturées, elle passe d’une idée à l’autre, procède par analogie et fait ainsi directement appel à l’imagination. En quête d’un succès éclatant, il tente de mener à bien une symphonie ambitieuse : sa très célèbre huitième. Il sera toutefois interrompu dans son œuvre par la commande d’une musique de scène d’un drame, Rosamunde, dont il espérait qu’elle pourrait pu lui apporter cette reconnaissance à laquelle il aspirait.           
   L’histoire retiendra que la pièce fit un four, et que seule la musique survécut. 
   La Symphonie, elle, ne fut créée dans sa forme « inachevée » que bien après la mort de Schubert…

   Le pianiste et chef d’orchestre allemand Christian Zacharias connaît très bien cette musique pour l’avoir beaucoup jouée et enregistrée, à la tête des plus grands orchestres symphoniques dans le monde. Spécialiste des concertos pour piano de Mozart, mais aussi de toute la musique symphonique romantique jusqu’à Schumann et Brahms, il en offre une interprétation d’une rare qualité avec l’une des meilleures formations françaises, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. 

Mnozil Brass Band ☺☺☺☺☺

Vendredi 21 avril 2017 à 20h30

Le Parvis Ibos

    Mesdames et messieurs : les Monty Python des cuivres ! Trois trompettes, trois trombones et un tuba, les maîtres viennois du Mnozil Brass Band sont aujourd’hui connus dans le monde entier. Ils explorent sans complexe, avec humour et virtuosité, un répertoire allant de la variété germanophone à l’opéra, en passant par la musique de film et les standards de la pop internationale…
    C’est probablement parce que la pratique des instruments à vent donne soif que sept jeunes étudiants du Conservatoire de Vienne avaient pris l’habitude, au sortir de leurs cours, de se retrouver dans l’établissement de Josef Mnozil, situé juste en face du Conservatoire de Vienne. Et c’est précisément à cet endroit-là, autour d’une chope, que l’idée leur vint en 1992 de former un ensemble empruntant son nom au patron de l’auberge.
   
De formation classique mais trop curieux pour y demeurer confinés, les sept étudiants commencèrent bientôt à accommoder à toutes les sauces un répertoire que l’on pourrait qualifier, sans se tromper, d’éclectique : chanson populaire, jazz, opéra, opérette… Non contents d’interpréter leurs « bricoles », ils fredonnent, chantent, inventent d’autres instruments à partir d’objets hétéroclites et fourbissent des arrangements drolatiques, ingénieux et hautement virtuoses. Les prestations du Mnozil Brass Band dépassent largement le cadre du concert, mêlant burlesque et humour noir, excellence musicale et invention échevelée. Après 23 ans et près de 2 000 concerts au compteur, le septuor autrichien continue de servir loyalement la musique pour cuivres.

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    « Les musiciens, capables de jouer dans toutes les positions imaginables, passent, grâce à des arrangements raffinés, des fanfares de la Renaissance à Wagner et Rimsky-Korsakov, de Weber à Mozart, du jazz à la musique hongroise en les pimentant de folklore alpestre. L’élément liant de ce véritable chaos stylistique musical, c’est la musique de brasserie jouée à Vienne qui, de même que l’humour laconique qui caractérise l’ensemble, est la marque de fabrique de “ Mnozil Brass ”. » Frankfurter Rundschau, sept. 2008

CONCERT ORGANISÉ AVEC LE SOUTIEN DU FORUM CULTUREL AUTRICHIEN

Comment vider la mer avec une cuiller ☺☺☺☺☺

Yannick Jaulin

Comme vider la mer avec une cuiller

samedi 22 avril 2017 à 20h30, Le Parvis, Ibos

    Avec Comme vider la mer avec une cuiller, Yannick Jaulin interroge dans un spectacle spirituel et savamment caustique les dogmes des trois monothéismes. Un voyage humoristique au pays des saintes écritures ! 

    Associé à la violoniste Morgane Houdemont et au dramaturge Matthieu Roy, Yannick Jaulin égrène avec son bagout légendaire un chapelet d’histoires saintes et de contes mythologiques afin, nous dit-il, de tenter d’éclairer les mécanismes de la croyance à l’œuvre dans les religions monothéistes. Un vaste programme dont s’accommode avec énergie et verve notre facétieux conteur.       

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Avec pour seul décor un tableau, L’Annonciation de Fra Angelico, il démarre son spectacle avec ces mots : « Je ne crois pas à une société sans religion (…) la foi c’est comme l’amour, ça ne dépend pas de nous. » Et c’est avec un humour piquant qu’il s’attaque à ce sujet brûlant de la religion, qu’il condamne lorsqu’elle prétend déboucher sur une vérité unique. Tout au long de cette fresque humoristique, Yannick Jaulin incarne tour à tour des personnages bibliques tels que Moïse, Adam et Eve (en pleine scène de ménage – et, après tout, pourquoi le premier couple sur terre y aurait-il échappé ?), ou Dalila se crêpant le chignon avec Samson…

    Mais au-delà de ses interpellations comiques, le conteur expose des faits, relate les écrits, rappelle, surtout, que les religions ne sont pas des schèmes figés pour les siècles et les siècles. Et dévoile un certain nombre d’éclaircissements non dénués d’un certain intérêt historique : où l’on apprend, par exemple, que les exactions des croisés ne sont pas étrangères à l’institution de Jérusalem comme troisième ville sainte de l’Islam, qu’il se pourrait bien que le prophète Moïse ait été bègue, et toutes sortes d’autres anecdotes, par ailleurs rigoureusement et scientifiquement documentées - et tout cela sans que Yannick Jaulin renonce à recourir, par moments, au patois vendéen qui est sa marque de fabrique ! Un spectacle qui fait écho à l’actualité et rappelle que l’humour est une arme puissante contre les fanatismes...

 

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